Interrogée par l’UNIOPSS en vue de son 36e Congrès, Katia Couton-Wyporek, coordinatrice générale de Droit au savoir, association dont la mission est de favoriser des actions innovantes dans le domaine de la scolarisation et de l’insertion professionnelle des jeunes en situation de handicap, souligne l’importance de permettre à chacun et chacune de trouver une place dans la société. Elle pointe plusieurs leviers pour favoriser l’inclusion des jeunes en situation de handicap, et évoque le rôle des acteurs associatifs du soin et de l’accompagnement pour développer ce sentiment d’appartenance essentiel.
On parle beaucoup de tendance des individus au repli sur soi : comment l’expliquer ?
Le « repli sur soi » peut être une réponse de protection ou de défense face à un environnement qui serait jugé anxiogène ou hostile. Il peut complexifier le vivre-ensemble, rendant difficile le pas vers l’autre, vers la différence. Les jeunes en situation de handicap visible ou invisible nous rapportent régulièrement des manques de compréhension, d’empathie, de la part des différents acteurs mais aussi parfois de leur pairs. Les pouvoirs publics, l’école, les collectivités locales ont un rôle à jouer pour créer des espaces de dialogue où chacun peut trouver une place, en valorisant la singularité de chacun et la pluralité des expériences.
Comment favoriser l’inclusion des jeunes en situation de handicap à la société ?
L’un des enjeux majeurs est de rendre effectifs les droits des jeunes en situation de handicap, en permettant un réel accès à l’éducation, aux études supérieures, aux loisirs, à la vie citoyenne, sociale et à l’emploi, comme pour tous les jeunes. À ce titre, l’implication des acteurs et des pouvoirs publics en matière d’accessibilité (physique, numérique, sensorielle, cognitive, pédagogique…) et la formation des professionnels au handicap sont essentielles. Entendre la voix des jeunes concernés, tenir compte de leur savoir expérientiel permettra aussi de construire une société favorisant leur participation pleine et entière.
Quel rôle jouent les acteurs du soin et de l’accompagnement pour favoriser un sentiment d’appartenance collectif ?
Leur rôle est important en effet pour favoriser un sentiment d’appartenance collectif. Prenant en compte les besoins individuels, encourageant la participation, accompagnant les interactions sociales, valorisant les réussites, ils soutiennent les jeunes dans leur appréhension de la société, leur permettant de s’en sentir membre à part entière. Il s’agit pour ces acteurs, d’aider les jeunes à acquérir les moyens de s’épanouir et de favoriser leur autonomie et leur engagement social. Ce sentiment d’appartenance est essentiel, en particulier à des âges où l’on se construit progressivement à travers ses expériences.
Interview tiré de la lettre d’information de l’UNIOPSS « Les coulisses du Congrès »